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Lecture vivante

de

« La guerre sociale » (1871)

de Madame André Léo, romancière, journaliste, militante féministe

par Catherine Kunz, comédienne

Mercredi 23 février à 19h30

La communarde André Léo proche des anti-autoritaires de la Fédération Jurassienne de l’Association Internationale des Travailleurs (AIT) est l’autrice de ce texte révolutionnaire. Sous ce nom de plume, formé des prénoms de ses fils, ne se cache plus Léodile Béra, veuve Champseix. Née en 1824 à Lusignan dans la moyenne bourgeoisie, elle est écrivaine, romancière et journaliste. Intellectuelle reconnue, on la compare souvent à George Sand. Mais pour ses détracteurs comme Barbey d’Aurevilly elle est le type même de l’insupportable bas-bleu. Féministe très engagée elle a dénoncé la position subalterne assignée aux femmes dans des romans et des essais au titres évocateurs comme »Un mariage scandaleux », « Un divorce», ou « La femme et les mœurs »). Elle est l’une des fondatrices en 1869 de la « Société pour la revendication des droits de la femme « .

Elle est aussi socialiste libertaire, prônant un idéal d’égalité qui laisse toute sa place à la liberté. Elle s’oppose au centralisme et à l’autoritarisme de Marx qu’elle compare à Bismarck. Elle a rejoint Paris et la Commune le 4 avril dans l’espoir d’y faire avancer ses idéaux. Elle a obtenu d’être membre d’une Commission féminine de l’enseignement scolaire car elle croit à la nécessité impérieuse d’instruire les femmes pour les émanciper, en particulier de l’emprise catholique. En 38 jours elle a publié plus d’une vingtaine d’articles dans plusieurs journaux. Certains d’un féminisme retentissant comme « La révolution sans la femme » et  » Tous avec toutes », rappelant aux dirigeants de la Commune qu’ils ne peuvent qu’échouer s’ils excluent les femmes des luttes, ou un fameux « Appel aux travailleurs des campagnes », tentative de rapprocher le monde rural des parisiens, contre une division attisée par les Versaillais.

Hélas, la Commune est morte avec le printemps, et elle a dû fuir Paris pour se réfugier en Suisse avec son compagnon Benoit Malon, son texte « La guerre sociale » sera publié par l’imprimerie de James Guillaume, membre fondateur de la section du Locle de l’AIT.